Histoire du jeu d’échecs
De l’Inde ancienne à Internet : le grand voyage du plus célèbre des jeux de réflexion.
Quinze siècles d’histoire
Le jeu d’échecs est l’un des plus vieux jeux du monde. Il a voyagé d’Inde en Perse, du monde arabe à l’Europe, avant de conquérir toute la planète.
Le plus ancien ancêtre connu des échecs apparaît en Inde. Ses quatre « corps » d’armée – infanterie, cavalerie, éléphants et chars – deviendront nos pions, cavaliers, fous et tours.
Le jeu passe en Perse. C’est de là que vient le mot « échec et mat » : shah mat, « le roi est sans issue ».
Avec l’expansion du monde arabe, le shatranj se répand de Bagdad à l’Espagne. Des maîtres écrivent les premiers recueils de problèmes.
Le jeu entre en Europe par l’Espagne, l’Italie et les routes du commerce. Il devient le jeu favori des cours royales et des chevaliers.
Des pièces sculptées dans l’ivoire de morse, retrouvées en Écosse, montrent déjà un roi, une reine, des fous en évêques et des tours.
En Espagne, la reine devient la pièce la plus puissante et le fou se déplace en diagonale sur toute la longueur. Les parties deviennent plus rapides : ce sont les règles que nous utilisons aujourd’hui.
Le Français François-André Danican Philidor, aussi compositeur de musique, publie un livre célèbre dans toute l’Europe. À Paris, le café de la Régence devient la capitale mondiale des échecs.
À Londres, Adolf Anderssen remporte le premier grand tournoi international et joue « l’Immortelle ».
Wilhelm Steinitz bat Johannes Zukertort et devient le premier champion du monde officiel.
La Fédération internationale des échecs est fondée à Paris. Sa devise : Gens una sumus, « nous sommes une seule famille ».
Vera Menchik remporte le premier championnat du monde féminin.
En pleine guerre froide, l’Américain Bobby Fischer bat le Soviétique Boris Spassky à Reykjavik. Le monde entier suit le match.
L’ordinateur Deep Blue d’IBM bat Garry Kasparov en match.
Internet et les sites gratuits comme Lichess permettent de jouer à tout moment contre des joueurs du monde entier. Magnus Carlsen domine la planète échecs pendant plus de dix ans, et les jeunes champions se multiplient.
D’où viennent les pièces ?
Chaque pièce raconte un morceau de l’histoire.
Le roi
Le chef de l’armée. Il avance d’une case dans toutes les directions. Le protéger est le but de la partie.
La dame
Autrefois le « vizir », conseiller du roi, qui ne bougeait que d’une case en diagonale. Elle est devenue la pièce la plus puissante à la fin du XVe siècle.
La tour
Elle représentait à l’origine un char de guerre. Elle a pris la forme d’une tour de château en Europe.
Le fou
Un éléphant de guerre en Inde ! En France, il est devenu le « fou » du roi ; en anglais, c’est un évêque.
Le cavalier
La cavalerie : la seule pièce qui saute par-dessus les autres, depuis toujours.
Le pion
L’infanterie. Arrivé au bout de l’échiquier, il peut se transformer en dame.
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