Échecs, informatique et intelligence artificielle
Du Turc mécanique à AlphaZero : comment les machines ont appris à jouer, et comment s’en servir pour progresser.
Des automates aux intelligences artificielles
Depuis plus de 250 ans, les inventeurs rêvent d’une machine qui joue aux échecs. Les échecs ont même servi de laboratoire à toute l’informatique et à l’intelligence artificielle.
Un automate en costume oriental bat les meilleurs joueurs d’Europe, dont, dit-on, Napoléon. Le secret : un vrai joueur caché à l’intérieur ! Une supercherie, mais déjà le rêve d’une machine qui pense.
L’ingénieur espagnol Leonardo Torres Quevedo construit une vraie machine capable de jouer seule une finale roi et tour contre roi. C’est l’un des premiers « jeux » automatiques de l’histoire.
Le père de la théorie de l’information explique comment programmer un ordinateur pour jouer aux échecs : calculer les coups possibles et évaluer les positions. Ces idées sont encore utilisées.
Le mathématicien britannique écrit un programme d’échecs… avant qu’un ordinateur assez puissant existe. Il le fait tourner à la main, en calculant lui-même chaque coup.
Sur un ordinateur IBM 704, le programme d’Alex Bernstein joue une partie complète.
En 1996, Kasparov bat l’ordinateur d’IBM. En 1997, lors de la revanche, Deep Blue gagne le match : la machine bat le champion du monde.
Naissance de Stockfish, un moteur d’échecs gratuit et libre, amélioré par des bénévoles du monde entier. Il devient l’un des plus forts du monde.
L’intelligence artificielle de DeepMind ne connaît que les règles. En jouant des millions de parties contre elle-même en quelques heures, elle atteint un niveau extraordinaire, avec un style très créatif.
Une IA libre inspirée d’AlphaZero, entraînée grâce aux ordinateurs de milliers de bénévoles.
Stockfish ajoute un petit réseau de neurones (NNUE) à son calcul : il devient encore plus fort.
Les meilleurs programmes sont bien plus forts que les humains. Les joueurs, des débutants aux champions, s’en servent pour analyser leurs parties et progresser.
Comment un ordinateur joue-t-il ?
Calculer
L’ordinateur imagine des millions de suites de coups possibles, plusieurs coups à l’avance.
Évaluer
Pour chaque position, il donne une note : qui est mieux, et de combien ?
Apprendre
Les IA modernes apprennent en jouant énormément de parties, et repèrent toutes seules ce qui fait gagner.
Bien utiliser l’ordinateur pour progresser
- Joue d’abord ta partie seul, sans aide : c’est toi qui dois réfléchir !
- Après la partie, analyse-la avec l’ordinateur pour comprendre tes erreurs.
- Demande-toi « pourquoi » l’ordinateur propose un coup, au lieu de le copier.
- Ne jamais utiliser d’aide pendant une partie contre un autre joueur : c’est de la triche.
Rejouer Deep Blue – Kasparov 1997Jouer et analyser sur Lichess
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